Palabras de finas damas

Tendemos a desterrar de nuestro lenguaje las palabras crudas y las imágenes osadas y olvidamos que en otros tiempos se ignoraba nuestro puritanismo. La franqueza del lenguaje y la rudeza de las palabras fueron hasta el siglo XVII un signo de honradez e incluso una forma de comunicarse muy bien vista entre las clases poderosas. Fue en el siglo XVIII cuando se empezó a maquillar la expresión del pensamiento. Dos damas de la alta sociedad del siglo XVII, una, hermana de Luis XIV Madame la Duchesse d’Orléans (Charlotte-Élisabeth de Bavière), la otra, Sophie de Bohême (Sophie von der Pfalz), electora de Hanover, revelan a través de la correspondencia que mantenían entre ambas cómo era el lenguaje de las finas damas de la Corte Francesa y del resto de las Cortes Europeas a finales del siglo XVII. Lean y juzguen:

Charlotte-Elisabeth de Bavière, por Nicolas Largillière (finales del siglo XVII). Musée Condé, Château de Chantilly.

Carta de Charlotte-Elisabeth de Bavière a Sophie von der Pfalz:

Fontainebleau, le 9 octobre 1694
Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez ; chiez donc tout votre chien de saoul. Nous n’en sommes pas de même ici, où je suis obligée de garder mon étron pour le soir ; il n’y a point de frottoir aux maisons du côté de la forêt. J’ai le malheur d’en habiter une, et par conséquent le chagrin d’aller chier dehors, ce qui me fâche, parce que j’aime à chier à mon aise, et je ne chie pas à mon aise quand mon cul ne porte sur rien. Item, tout le monde nous voit chier ; il y passe des femmes, des hommes, des filles, des garçons, des abbés et des suisses ; vous voyez par là que nul plaisir sans peine, et qui si on ne chiait point, je serais à Fontainebleau comme le poisson dans l’eau.

Sois muy afortunada de ir a cagar cuando queréis; cagad pues todo vuestro perro de borracho. No estamos igual aquí, donde estoy obligada a guardar mi mojón para la tarde; no hay ningún cepillo en las casas del lado del bosque. Tengo la desgracia de morar en una, y por consiguiente la pena de ir a cagar fuera, lo que me molesta, porque me gusta cagar a mi gusto, y no cago a mi gusto cuando mi culo no se sustenta sobre algo. Item, todo el mundo nos ve cagar; pasan por allí mujeres, hombres, chicas, chicos, abades y suizas; ya veis que por ahí no hay placer sin pena, y que si no necesitásemos cagar, estaría en Fontainebleau como pez en el agua.

Il est très chagrinant que mes plaisirs soient traversés par des étrons ; je voudrais que celui qui a le premier inventé de chier, ne pût chier, lui et toute sa race, qu’à coups de bâton. Comment, mordi, qu’il faille qu’on ne puisse vivre sans chier ? Soyez à table avec la meilleure compagnie du monde, qu’il vous en prenne envie de chier, il vous faut aller chier. Soyez avec une jolie fille, une femme qui vous plaise ; qu’il vous prenne envie de chier, il faut aller chier ou crever.

Es muy penoso que mis placeres se vean atravesados por mojones; querría que al  primero que inventó el cagar, solo  pueda cagar, él y toda su raza, a base de bastonazos. ¿Cómo puede ser que no se pueda vivir sin cagar? Basta que estés en la mesa con la mejor compañía del mundo para que te entren ganas de cagar, y debes ir a cagar. Que estés con una hermosa chica, una mujer que te guste; que te entran ganas de cagar, y hay que ir a cagar o reventar.

Ah ! maudit chier, je ne sache point plus vilaine chose que de chier. Voyez passer une jolie personne, bien mignonne, bien propre, vous vous récriez : Eh ! que cela serait joli si cela ne chiait pas ! Je le pardonne à des crocheteurs, à des soldats, aux gardes, à des porteurs de chaises, et à des gens de ce calibre-là. Mais les empereurs chient, les impératrices chient, le pape chie, les cardinaux chient, les princes chient, les archevêques et les évêques chient, les généraux d’ordre chient, les curés et les vicaires chient.

¡Ah! Maldito cagar, no conozco cosa peor que la de cagar. Veis pasar a una hermosa persona, muy amable, muy limpia, y os exclamáis: ¡Eh! ¡Que esto sería hermoso si no cagase! Se lo perdono a los ladrones, a los soldados, a los guardias, a los portadores de sillas, y a la gente de este calibre. Pero los emperadores cagan, las emperatrices cagan, el papa caga, los cardenales cagan, los príncipes cagan, los arzobispos y los obispos cagan, los generales cagan, los curas y los vicarios cagan.

Avouez donc que le monde est rempli de vilaines gens, car enfin, on chie en l’air, on chie sur terre, on chie dans la mer, tout l’univers est rempli de chieurs et les rues de Fontainebleau  de merde, car ils font des étrons plus gros que vous, Madame. Si vous croyez baiser une belle petite bouche avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin à merde ; tous les mets les plus délicats, les biscuits, les pâtés, les tourtes, les perdrix, les jambons,  les faisans, tout n’est que pour faire de la merde mâchée.”

Admita pues que el mundo está lleno de gente mala, porque en definitiva, se caga en el aire, se caga sobre tierra,  se caga en el mar, todo el universo está lleno de gente que caga y las calles de Fontainebleau de mierda, porque hacen mojones más gruesos que usted, Señora. Si  creéis besar una bella y pequeña boca de dientes muy blancos, besáis un molino de mierda; todos los platos más delicados, los bizcochos, los patés, las perdices, los jamones, los faisanes, todo es sólo para hacer mierda masticada.”

-Carta de Sophie von der Pfalz en respuesta a Charlotte-Elisabeth de Bavière :

Retrato de Sophie von der Pfalz, por Luise Hollandine von  der Pfalz, hacia 1644

Hanovre, 31 octobre 1694
“C’est un plaisant raisonnement de merde que celui que vous faites sur le sujet de chier, et il paraît bien que vous ne connaissez guère les plaisirs, puisque vous ignorez celui qu’il y a de chier ; c’est le plus grand de vos malheurs. Il faut n’avoir chié de sa vie, pour n’avoir senti le plaisir qu’il y a de chier ; car l’on peut dire que, de toutes les nécessités à quoi la nature nous a assujettis, celle de chier est la plus agréable.

Es un agradable razonamiento de mierda el que usted hace sobre el sujeto de cagar, y parece que apenas conozcáis los placeres, ya que ignoráis el de cagar; es la más grande de vuestras desgracias. Hace falta no haber cagado en toda la vida para no haber sentido el placer que hay en el cagar; porque se puede decir que, de todas las necesidades a las que la naturaleza nos ha sometido, la de cagar es la más agradable.

On voit peu de personnes qui chient qui ne trouvent que leur étron sent bon ; la plupart des maladies ne nous viennent que par faute de chier, et les médecins ne nous guérissent quà force de nous faire chier, et qui mieux chie, plus tôt guérit. On peut dire même que qu’on ne mange que pour chier, et tout de même qu’on ne chie que pour manger, et si la viande fait la merde, il est vrai de dire que la merde fait la viande, puisque les cochons les plus délicats sont ceux qui mangent le plus de merde. Est-ce que dans les tables les plus délicates, la merde n’est pas servie en ragoût ? Ne fait-on pas de rôties de la merde des bécasses, des bécassines, d’alouettes et d’autres oiseaux, laquelle merde on sert à l’entremets pour réveiller l’appétit ? les boudins, les andouilles et les saucisses, ne sont-ce pas des ragouts dans de sacs à merde ? La terre ne deviendrait-elle pas stérile si on ne chiait pas, ne produisant les mets les plus nécessaires et les plus délicats qu’à force d’étrons et de merde ? Etant encore vrai que quiconque peut chier sur son champ ne va pas chier sur celui d’autrui.

Se ven pocas personas que caguen y que no encuentren que sólo su mojón huele bien; la inmensa mayoría de las enfermedades nos vienen sólo por la falta de cagar, y los médicos nos curan a base de hacernos cagar, y quien mejor caga, antes se cura. También podemos decir que comemos sólo para cagar, y que cagamos sólo para comer, y si la carne hace la mierda, es lícito decir que la mierda hace la carne, ya que los cochinos más delicados son los que comen más mierda. ¿Acaso en las mesas más delicadas, la mierda no es servida bajo la forma de guisado? ¿No hacemos asados de la mierda de las becadas, de las agachadizas, de las alondras y de otras aves, mierda que servimos como entremés para despertar el apetito? Las morcillas, los embutidos y las salchichas, ¿No son ragús en sacos de mierda? ¿ La tierra no se volvería estéril si no se cagase, produciendo los platos más necesarios y más delicados sólo a fuerza de mojones y  de mierda? Y es cierto que cualquiera que pueda cagar sobre su campo no va a cagar sobre el de los otros.

Les plus belles femmes sont celles qui chient le mieux ; celles qui ne chient pas deviennent sèches et maigres, et par conséquent laides. Les beaux teints ne s’entretiennent que par de fréquents lavements qui font chier ; c’est donc à la merde que nous avons l’obligation de la beauté. Les médecins ne font point de plus savantes dissertations que sur la merde des malades ; n’ont-ils pas fait venir des Indes une infinité de drogues qui ne servent qu’à faire de la merde ? Il entre de la merde dans les pommades ou les fards les plus exquis. Sans la merde des fouines, des civettes et des autres animaux, ne serions-nous pas privés des plus fortes et des meilleures odeurs ? Les enfants qui chient le plus dans leurs maillots sont les plus blancs et les plus potelés. La merde entre dans quantité de remèdes et particulièrement pour la brûlure.

La mujeres más guapas son las que cagan mejor; las que no cagan se vuelven secas y flacas, y por consiguiente feas. Las bellas teces se mantienen sólo por lavados frecuentes que hacen cagar; es pues a la mierda que tenemos la obligación de la belleza. Los médicos no hacen más sabias disertaciones  que sobre la mierda de los enfermos; ¿no hicieron venir de la India una infinidad de drogas que tan solo sirven para hacer mierda? Entra mierda en las pomadas o las pinturas  más exquisitas. Sin la mierda de las garduñas, las cebolletas y otros animales, no estaríamos privados de los más fuertes y de los mejores olores? Los niños que más cagan en sus camisetas de punto son los más blancos y más rollizos. La mierda entra en cantidad de remedios,  especialmente para las quemaduras.

Demeurez donc d’accord que chier est la plus belle, la plus utile et la plus agréable chose au monde. Quand vous ne chiez pas, vous vous sentez pesante, dégoûtée et de mauvaise humeur. Si vous chiez, vous devenez légère, gaie, et de bon appétit.

Acordad entonces que cagar es la cosa más bella, más útil y agradable del mundo. Cuando no cagáis, os sentís pesada, hastiada y de mal humor. Si cagáis, os volvéis ligera, alegre, y con buen apetito.

Manger et chier, chier et manger, ce sont des actions qui se suivent et se succèdent les unes aux autres, et l’on peut dire qu’on ne mange que pour chier, comme on ne chie que pour manger. Vous étiez de bien mauvaise humeur quand vous avez tant déclamé contre le chier ; je n’en saurais donner la raison, sinon qu’assurément, votre aguillette s’étant nouée à deux noeuds, vous aviez chié dans vos chausses. Enfin, vous avez pris la liberté de chier partout quand l’envie vous en prend, vous n’avez d’égard pour personne ; le plaisir qu’on se procure en chiant vous chatouille si fort que, sans égard au lieu où vous vous trouvez, vous chiez dans les places publiques, vous chiez devant la porte d’autrui sans vous mettre en peine s’il le trouve bon ou non.

Comer y cagar, cagar y comer, son acciones que se siguen y se suceden las unas a otras, y podemos decir que comemos sólo para cagar, como cagamos sólo para comer. Estabais de muy mal humor cuando habéis declamado tanto contra el cagar; no sabría dar la razón, sino que seguramente, vuestro ceñidor se debe haber atado a dos nudos, y habéis cagado en vuestras calzas. En fin, os habéis tomado la libertad de cagar por todos lados cuando os da la gana,  no tomáis a nadie  en consideración; el placer que os proporciona el cagar os cosquillea tanto que, sin consideración al lugar donde os encontráis, cagáis en las plazas, cagáis delante de la puerta de otro sin plantearos si le parece bien o no.

Et, marquez que ce plaisir est pour le chieur moins honteux que pour ceux qui le voient chier, c’est qu’en effet la commodité et le plaisir ne sont que pour le chieur. J’espère qu’à présent vous vous dédirez d’avoir voulu mettre le chier en si mauvaise odeur, et que vous demeurerez d’accord qu’on aimerait autant ne point vivre que ne point chier.”

Y, señálese que este placer es para quien caga menos vergonzoso que para quienes le ven cagar, porque en efecto la comodidad y el placer son sólo para el que caga. Espero que ahora  desmienta el haber querido poner el cagar en tal mal olor y que quede claro que desearíamos tanto no vivir más como no cagar más.”

Así es que mis queridas señoras y señoritas no se corten, empleen palabras sucias, hablen sin tapujos porque esto es lo  chic y glamouroso, el auténtico lenguaje fino. Como pueden ver la historia lo avala. Libérense de los cansinos eufemismos y disfruten del placer de pronunciar  maravillosos verbos como follar (“practicar el coito”), cagar (“evacuar el vientre”), joder (“practicar el coito” y “molestar, fastidiar”)…

Fuente:  Une rude gaillarde. La Princesse Palatine. Paul Reboux, 1934. Paris, Flammarion.

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14 comentarios

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14 Respuestas a “Palabras de finas damas

  1. Arc

    Pero no se convertiría en una cuestión de moda hasta más adelante http://bit.ly/4G5h2G 😉

    Para compensar podía hacer un post sobre las cursis de las Précieuses, yo lo intenté:
    El juego de las preciosas
    http://exapamicron.wordpress.com/2008/04/27/el-juego-de-las-preciosas/

  2. Pingback: Palabras de finas damas

  3. Bien dicho en un mundo donde los eufemismos están de moda. “Blanca nieves y los siete gente pequeña”, “no hay más invidente que aquel que tiene una capacidad diferente en los ojos”, “más sabe el Diablo por ser adulto mayor que por Diablo”. Así imagino que quisieran que hablásemos.

  4. Los encubrimientos del lenguaje son, más bien, un elemento heredado del siglo XIX, del puritanismo victoriano y el ascenso de la diplomacia como arte para encubrir las intenciones hostil-militares. Así les fue luego entre la Guerra Franco-Prusiana y la PGM, con las intrigas de las cartitas de éstos y aquellos.

  5. Por cierto, no sé porqué pero la palabra Durchfall me da una risa tremenda.

  6. -Nada importa: ¡gracias! menudo piropo.
    -Arc:Las Précieuses tienen su encanto, aunque nada tenga que ver su vocabulario con el de Charlotte-Elisabeth de Bavière (que apuntaba ciertas maneras punk). Le echaba tanto de menos que casi le perdono que me visite para promocionar sus posts ^_^ -que son excelentes y altamente recomendables, escriba más-.
    -Mobtomas: Miedo. Estos eufemismos me dan mucho miedo…
    -Illuminatus:No tengo ni idea de alemán, y eso que de pequeña hice muchos amiguitos alemanes en la Costa Brava -a saber qué les contaría-. Pero parece ser que Durchfall es diarrea, ¿no?… Me gusta más como suena en alemán, en esto coincido.

  7. Si que lo es pero es que en alemán durch es una preposición que significa “a través de” y Fall es “caida”, con lo que es mucho más gráfico que diarrea o la forma coloquial cagalera.

  8. El humorista Tip utilizaba la expresión “hacer de vientre” y yo me rijo por el criterio de tan ilustre señor. No se hable más.

    Y los textos además de groseros han resultado sorprendentes y muy gratos a mi paladar. Merci.

  9. ¿Se puede traducir el título del libro “Une rude gaillarde” por “Una paja brutal”?

    En cuanto al tema, recomiendo esta recopilación enciclopédica de metáforas del acto.
    http://atakafanzine.blogspot.com/2009/11/sinonimos-de-cagar.html

    (mis favoritos: “sacar la leña al patio”, y “liberar a Mandela”)

  10. -Illuminatus: No me malacostumbre… que ya me veo mandándole correos llenos de poemas de Rilke y Celan para corroborar que los traductores no me toman el pelo. Agradecida por la explicación. Reconozco que me da mucha envidia su conocimiento de la lengua germánica.

    -rojobilbao: Me gusta la expresión. Puede que me apunte a utilizarla. Por cierto, ya tengo en casa el Génesis de Crump ;).

    -Miguel P. de Lema: Humm… No, creo que no acaba de encajar esta traducción. Pero la mente del lector es libre de interpretar lo que quiera, faltaría más. Gracias por tan nutrida recopilación. Hace poco me encontré con un chico que llevaba una camiseta “Download” acompañada de la icona de un muñequito defecando… una va haciendose mayor y a veces se le escapan las últimas tendencias de la moda geek.

  11. If only more people would hear about this.

  12. Really interesting article and I had thought of this before

  13. Pingback: Palabras de finas damas | Descargas Taringa!

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